Documentaire réalisé en 2013 par le réalisateur belge Benjamin d'Aoust. Le titre est tiré d'une phrase de Jorge Luis Borges .

Ce film produit par Helicotronc a notamment reçu le Magritte du long-métrage documentaire 2014. Courons voir la bande-annonce qui nous donne une idée de la beauté du film et de sa bande-son.

Affiche de La Nuit qu'on suppose - Benjamin d'Aoust

Je n'ai pu voir ce documentaire que longtemps après avoir su qu'il existait. Mais je crois avoir bénéficié de conditions idéales pour le visionner, dans un contexte particulier dont je parlerai très bientôt. L'une des protagonistes, Danielle, était dans la salle et nous avons pu ainsi et savoir comment le réalisateur avait travaillé et comment elle avait vécu cette expérience. D'ailleurs, que veut montrer Benjamin d'Aoust?

Synopsis

A quoi ressemble le monde pour ceux qui ne le voient plus ? Qu'y-a-t-il dans cette nuit sans fond que l'on imagine tous ? Brigitte, Danielle, Hedwige, Bertrand & Saïd ont perdu la vue à différents stades de leurs vies. En explorant leurs univers, le film pose la question du regard et du lien que nous établissons avec nos sens, le monde et les autres.

Brigitte sur le quai de la gare Hedwige, devant ses tableaux A gauche, Brigitte, de profil, sur le quai de la gare

À droite, Hedwige, devant ses tableaux

Saïd, dansant Danielle dans une église A gauche, Saïd dansant en couple À droite, Danielle, avec des lumières dans le fond

Ces quatre photos illustrent parfaitement la qualité et la sensibilité des images. J'ai vu le film avec audiodescription écrite et dite par le réalisateur lui-même, Benjamin d'Aoust. Minimaliste, épurée, elle va à l'essentiel et vient admirablement compléter le film dans sa poésie et sa délicatesse.

Ce que j'en pense

La Nuit qu'on suppose nous fait rencontrer cinq personnes. Il y a Danielle, mélomane, Brigitte, avocate, Saïd, danseur, Hedwige, peintre et Bertrand, engagé associatif et passionné de sculptures. Elles sont filmées dans leur quotidien, leur environnement familier, leurs activités professionnelles ou associatives.

Voir travailler Hedwige à ses tableaux, voir évoluer Saïd dans sa salle de répétition dans un corps à corps silencieux et fascinant.

Entendre parler Brigitte de son quotidien et de ce que se permet d'en imaginer un chauffeur de taxi ou la suivre sur les pistes de ski.

Suivre Danielle écouter l'orgue dont le son emplit l'église et lui en donne une représentation mentale.

Voir Bertrand effleurer ou découvrir lentement et attentivement des sculptures sous ses doigts...

Voilà quelques scènes qui m'ont marquée.

Beau film intelligent, sensible, rempli de délicatesse et de poésie, profondément humain et respectueux des personnes et de leur expérience, c'est un documentaire à voir absolument.