Butterflies are free, version film, date de 1972. Le film est sorti le 6 juillet 1972 et a été édité en DVD en 2002.

Affiche du film Butterflies are free

Couverture du DVD "Butterflies are free"

Le film est inspiré d'une pièce de théâtre jouée avec succès à Broadway (1128 représentations) à partir d'octobre 1969 et jusqu'en juillet 1972.

Vous trouverez ici une présentation du film (en anglais).

Leonard Gershe, qui a écrit la pièce de théâtre et ensuite, le scénario du film, s' est inspiré de la vie d'Harold Krents, avocat formé à Harvard, aveugle, et qui fut un défenseur des droits des personnes handicapées, et travailla aussi pour Jimmy Carter. A lire, cet article de 1969 relatant la vie des étudiants aveugles à Harvard où l'on parle notamment d'Harold Krents (en anglais).

Synopsis

Comédie sur un jeune homme aveugle, Don Baker (Edward Albert) qui est déterminé à vivre une vie autonome malgré son handicap. Quittant la sécurité de la maison parentale, il prend un appartement à San Francisco, promettant à sa mère surprotectrice (Eileen Heckart qui gagna un Academy Award du meilleure second rôle féminin pour ce rôle) que si dans trois mois il ne peut pas se débrouiller seul, il retournera chez elle. Sa première rencontre est sa voisine de palier, Jill Tanner (Goldie Hawn), une aspirante actrice excentrique. Jill est conquise par le sens de l'humour de Don et ils deviennent rapidement amis et amants. Leur relation est menacée par les intrusions de la mère de Don et le comportement de Jill lorsqu'elle est engagée pour jouer un rôle, sur scène et dans la vie, par un producteur de théâtre.

Contexte

La pièce se passait à New York, dans Greenwich Village, le film se passe à San Francisco. Peu importe d'ailleurs puisque, à part quelques scènes d'extérieur, l'essentiel du film se passe dans l'appartement de Don.

Don et Jill dans l'appartement de Don

Jill et Don en train de discuter dans le salon

Tourné au début des années 1970, ce film aborde d'une façon drôle et assez subtile un sujet rarement exposé: la prise d'indépendance d'un jeune adulte aveugle. Et, si certains aspects du film sont datés (hormis les costumes), le fond de la question est toujours d'actualité. Dans une moindre mesure, on a retrouvé cette problématique dans le film de Daniel Ribeiro, Au Premier Regard où Leo, quinze ans, a des envies d'autonomie, notamment face à des parents trop protecteurs à son goût. Dialogues affûtés, avec des informations relatives à la cécité distillées tout au long du film : oui, les aveugles peuvent lire grâce au braille; oui, les aveugles peuvent se déplacer seuls avec une canne et se repérer grâce à une représentation mentale du quartier (et éventuellement en comptant ses pas); non, être aveugle ne signifie pas être triste ou replié sur soi...

Don est jeune, beau, sans souci d'argent, sa mère pourvoyant à ses besoins. Issu de la bourgeoisie, ses désirs d'autonomie ont grandi alors qu'il fréquentait Linda, son premier amour. Jill est un esprit libre, bohème, ex-hippie, ayant grandi auprès d'une mère mariée quatre fois qui voulait paraître aussi jeune que sa fille.

Couple que tout oppose, un rien caricatural, idéal pour une comédie dont on connaît à l'avance la fin. Certes...

Pourtant c'est un film plaisant, lumineux, où le drôle côtoie l'émouvant, où des questions guère abordées dans les films, telles que ce que peut signifier vivre en couple avec une personne aveugle, sont exposées. Pas de mièvrerie, de misérabilisme. Edward Albert, qui interprète Don, est assez convaincant, même si l'on peut trouver qu'il est trop à l'aise dans son appartement. Goldie Hawn, qui passe les trois quarts du film en sous - vêtements, est une vraie tornade, collant bien au personnage.

Don et Jill dans le lit en mezzanine

Don et Jill sur le lit en mezzanine, pièce maîtresse du mobilier

Le film est relativement facile à trouver en DVD mais celui-ci est édité aux États-Unis. Il existe néanmoins des sous-titres en français, mais pas d'audiodescription. Amusant de plonger dans les années 1970 dans les milieux artistiques de New York ou San Francisco avec un regard "historique"; intéressant de voir que ce désir d'autonomie et d'indépendance de ce jeune homme aveugle reste une préoccupation actuelle.

Film à la fois daté et toujours d'actualité par ses propos, il apporte une fraîcheur inattendue.