Ça y est : voilà le moment de souffler ces quatre bougies !
Le temps passe donc bien vite! Et l'année qui vient de s'écouler encore plus vite que les autres. Peu de billets rédigés mais plein d'idées qui n'ont pas pu se concrétiser faute de temps...
Ce qui est frustrant bien évidemment, mais finalement réjouissant puisque ce n'est pas la matière première qui manque.

Cinéma

Ainsi, cette quatrième année a été l'occasion de voir quelques films venus de zones géographiques diverses : le Japon avec Vers la Lumière de Naomi Kawase où l'audiodescription joue un rôle important, le Liban avec le très intéressant Tramontane de Vatche Boulghourjian qui nous entraîne dans un road movie à travers le pays avec un jeune musicien aveugle, Rabih, à la recherche de ses origines, ou encore l'Autriche avec le film en costumes de Barbara Albert, Mademoiselle Paradis qui retrace la rencontre de Maria Theresia von Paradis, musicienne aveugle contemporaine de Mozart, et Mesmer, médecin aux techniques controversées.

Affiche du film Mademoiselle Paradis Affiche du film Tramontane











On pourra noter que le personnage de Rabih est interprété par Barakat Jabbour, musicien aveugle. Et le discours du réalisateur, Vatche Boulghourjian, sur sa volonté d'avoir un comédien aveugle pour incarner Rabih est très intéressant. L'histoire peut ainsi se concentrer sur la quête d'identité de Rabih et non sur les prouesses d'un comédien qui joue "l'aveugle".

Publicité

A l'occasion de la publicité d'une marque de voiture qui met en scène une "vraie" personne aveugle, George Wurtzel, nous avons eu envie de voir comment cécité et publicité pouvaient se combiner.
Outre les associations de personnes aveugles et leurs messages allant de la quête un peu déguisée à ceux pour favoriser leur emploi (de façon parfois très décalée comme l'association norvégienne), il s'avère que l'automobile semble un domaine prisé pour y mettre en scène des personnes aveugles. Si certains se rappellent d'une publicité pour une marque automobile française qui mettait au volant Ray Charles, celles citées dans le billet ont embarqué un passager aveugle endossant parfois le rôle du guide. Mais il a aussi été intéressant de trouver une marque automobile confier sa campagne publicitaire à un photographe aveugle, Pete Eckert, qui travaille le Light Painting et qui dit qu'il n'est pas nécessaire de voir pour trouver la beauté.

Photographier, peindre en étant aveugle

Pete Eckert n'est pas le seul photographe aveugle ou légalement aveugle à être professionnel. On a d'ailleurs pu voir très récemment une publicité pour la marque à la pomme mettant en scène Bruce Hall, photographe légalement aveugle, qui peut voir des détails sur l'écran de son ordinateur qu'il ne peut pas voir à l'œil nu.
Mais nous avons aussi découvert qu'il y a de nombreux peintres aveugles. Devenus aveugles ou aveugles, ils ont trouvé une technique pour peindre ou continuer à peindre et exprimer leur art.

Littérature et bande dessinée

Cette quatrième année a aussi été l'occasion de découvrir Madeleine, nonagénaire aveugle qui s'accroche à sa maison comme à ses souvenirs, dans la bande dessinée Jamais de Duhamel qui explore plein de détails dans la vie de cette veuve aveugle rendant son histoire touchante.

Couverture de la BD Jamais de Duhamel

Pour qui aime les détails et aurait envie de se plonger dans le quotidien d'une personne aveugle, Une vie à Colin-Maillard de Lydia Boudet est une façon honnête d'apprendre plein de choses.

La littérature jeunesse a aussi amené une très belle surprise avec Le Petit Chaperon rouge qui n'y voit rien. Réinterprétation inédite d'un conte pluriséculaire, cette version met en scène une petite fille minuscule et aveugle qui met le loup dans sa poche. Réjouissant...
Parmi les nouvelles publications de Mes Mains en Or, Le GÉANT Malpartout a fait une apparition remarquée avec sa maison pop-up.

maison pop-up du Géant Malpartout

On fera aussi une petite incursion dans le monde de la musique avec un voisin aveugle, musicien de jazz, dans la porte d'en face d'Ester Rota Gasperoni.

Musique

Côté musique, en attendant le 14 septembre, date de la sortie du nouvel album ''Coming Home''' de Justin Kauflin, que nous avions découvert il y a déjà quelques années dans le documentaire Keep On Keepin'On d'Alan Hicks, on pourra faire la connaissance de Matthew Whitaker, très jeune musicien que certains ont peut-être eu l'occasion de voir et d'entendre au Duc des Lombards à Paris cet été. Maître des claviers (piano, orgue...), certains le comparent à Stevie Wonder. Laissons le mûrir en gardant une oreille attentive à ce jeune prodige...
Un roman ado, Ropero de Cathy Berna, met en scène Léonie qui perd la vue et sa rencontre avec Ezra dans un festival de musiques actuelles qui a un service d'accueil pour le public handicapé. Nous y avons vu un clin d'œil aux Eurockéennes de Belfort et leur volonté d'être accessibles à tous.

Voilà, cette quatrième année a révélé son lot de découvertes mais a aussi été l'occasion de suivre des gens dont nous avions déjà parlé ici. Cet exercice du récapitulatif annuel permet aussi de faire le point sur quelques "tendances". Ainsi, si cela est loin d'être généralisé malgré les protestations contre le crippin'up, quand un comédien valide incarne un personnage handicapé, on pourra se réjouir de voir apparaître des gens comme Barakat Jabbour, George Wurtzel sur nos écrans ou Jay Worthington (on ne peut pas s'en empêcher !) sur scène (deux rôles depuis le début de l'année 2018). Une fois passée la curiosité d'apprendre qu'il y a des photographes professionnels et des peintres aveugles, on pourra se concentrer sur leurs techniques et sur leurs discours et regarder leurs œuvres en tant qu'œuvres et non en tant que peintures ou photographies d'un.e artiste aveugle.
Nous nous engageons maintenant dans une cinquième année, convaincus d'y faire des découvertes, de belles rencontres et de vous faire partager de belles surprises. Nous espérons que vous serez au rendez-vous, attentifs à cet éclairage particulier que nous essayons de diffuser.