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Tag - Justin Kauflin

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vendredi 27 décembre 2019

A ecouter - quelques podcasts et plus

Alors que le blog a fêté ses cinq ans en septembre dernier, nous avions envie de vous suggérer quelques podcasts (ou balados pour nos amis québécois).
Ils peuvent être en français ou en anglais, natifs ou issus d'émissions de radio, dont beaucoup issus de Radio France. Ils ont tous un rapport, de près ou de loin, avec la cécité et la culture, bref, avec la raison d"être de Vues Intérieures.
Et pour finir l'année, quelques suggestions musicales...

Moondog
Dans un précédent billet, nous avions évoqué la possibilité d'enrichir notre liste de musiciens.
Commençons par un être inclassable mais dont l’œuvre est fascinante : Louis Thomas Hardin, alias Moondog ou encore "le Viking de la 6ème avenue".
Nous avions (re)découvert ses compositions à l'occasion d'une émission diffusée il y a quelques étés sur une des radios du service public. Cette série d'émissions consacrées à Moondog était l’œuvre d'Amaury Cornut, spécialiste du compositeur et auteur d'une biographie en français.
Nous vous donnerons quelques liens pour des émissions allant de 2016, année du centenaire de la naissance de Louis Thomas Hardin, à 2019, vingt ans après sa mort.

Moondog à New York

Cet automne, le 29 septembre dernier précisément, l'un des épisodes de l'émission 59 rue des Archives, sur TSF Jazz, était consacré à Moondog. Cette émission présentée par David Koperhant, Bruno Guermonprez et Rebecca Zissmann, "dans les coulisses de la grande histoire du jazz", revient sur la vie d'un musicien et présente aussi ses œuvres essentielles en posant le contexte, en décortiquant la composition. Le lien pour le podcast est donné ci-dessus.
Si cela vous a donné envie d'en savoir plus sur Moondog, il y a aussi cette émission de Sébastien Lopoukhine sur France Culture diffusée fin mai 2016 Moondog, l'inconnu de tous ou le génie de quelques uns avec des liens vers d'autres émissions comme cet atelier de la création qui lui est consacré ou un épisode de feu Continent Musiques présenté par Matthieu Conquet, Au croisement de Moondog diffusé au tout début de l'année 2018.

Joe Strechay et See
En 2017, encore sous le charme de notre voyage très théâtre de Chicago et notre rencontre impromptue avec Jay Worthington, comédien déficient visuel faisant partie de la compagnie du Gift Theatre, nous avons eu l'occasion de l'entendre raconter son parcours et ses difficultés à se faire reconnaître en tant que professionnel dans un podcast qui s'intitule Reid my Mind et dont l'auteur, Thomas Reid, a perdu la vue en 2004. Africain américain aveugle, il ne trouvait pas de portraits positifs de personnes ayant des liens communs avec lui. Il a donc décidé de créer son émission et d'interviewer des gens, notamment déficients visuels, qui avaient réussi à se faire une place parmi les autres. Si l'on ne peut plus accéder à la version audio de l'émission avec Jay, la transcription écrite reste disponible sur ce lien.

Plus récemment, à l'occasion du lancement de la série See sur Apple TV+, T. Reid a interviewé Joe Strechay, producteur de la série, mais aussi conseiller artistique pour tout ce qui a trait à la déficience visuelle. C'est déjà lui qui avait conseillé et entraîné Charlie Cox pour son rôle de Matt Murdoch dans la série Daredevil sur Netflix. Dans cet épisode du podcast, Joe Strechay raconte comment il en est venu à travailler pour l'industrie cinématographique et des séries télé. Et si les rôles principaux sont portés par des comédien.ne.s voyants qu'il a fallu conseiller, See compte dans ses rôles secondaires plusieurs acteurs déficients visuels dont il a fallu aussi assurer la sécurité et l'autonomie sur les lieux de tournage.

Danser
C'est une émission plus ancienne mais c'est un vrai plaisir d'entendre Saïd Gharbi parler de son travail avec Wim Vandekeybus et de sa découverte de la danse qui influence aujourd'hui sa façon de se déplacer: Danser dans le noir.
Par ailleurs, si "danser dans le noir" vous inspire, nous vous invitons à découvrir le travail de la compagnie Acajou qui développe des outils pour faciliter l'apprentissage de la danse lorsque l'on est déficient visuel, et qui a aussi créé des spectacles avec Saïd Gharbi.

Un peu de musique de Noël?
Si vous avez envie d'écouter de la musique de Noël un peu revisitée, Justin Kauflin, musicien de jazz et protégé de Quincy Jones (excusez du peu!) a sorti un album titré opportunément Christmas Candy, Candy étant le nom de son chien-guide qui figurait sur la pochette de son album Dedication.

Couverture du CD Christmas Candy
Couverture du CD Christmas Candy de Justin Kauflin
Le dessin est réalisé par Zoe R., 5 ans.
Au premier plan, un chien noir, Candy, le chien-guide de Justin Kauflin

On peut écouter quelques morceaux joués par Justin Kauflin sur le site de soundcloud ou aller sur son site, Justin Kauflin.

Voilà quelques suggestions mettant en avant des artistes mais aussi des émissions ou des podcasts que nous écoutons régulièrement.

dimanche 3 janvier 2016

Keep On Keepin'on - Alan Hicks

Documentaire tourné sur une durée de cinq ans réalisé par Alan Hicks, sorti en 2014 et présenté dans de nombreux festivals de cinéma à l'international.
Il est aujourd'hui disponible en DVD ou en VOD.

Affiche du documentaire Keep On Keepin'On

C'est un vrai "feel good movie" comme l'on dit parfois aujourd'hui d'un film qui met d'humeur joyeuse ou qui nous donne de l'espoir. Nous parlons bien ici d'un documentaire, première réalisation de l'australien Alan Hicks.
Le sujet du documentaire d'Alan Hicks n'a rien à voir avec la cécité (oui, c'est facile...), alors pourquoi en parler ici ?
Parce que la cécité est à la génèse de "Keep On Keepin'On".
Regardons d'un peu plus près l'affiche du film : dans un format carré, sur fond formé de quatre rayures verticales dans un camaïeu de bleu et gris, est dessiné, en haut à droite, le haut du corps de Clark Terry jouant de la trompette, tandis qu'en bas, au centre, se dessine, de dos, la silhouette de Justin Kauflin tenant dans sa main gauche le harnais de Candy, son chien-guide, et traversant une rue dont le passage piéton s'apparente à un clavier de piano.

Mais définissons un peu le contexte.
Alan Hicks et Justin Kauflin, dont nous avons rapidement parlé dans un précédent billet Canne blanche et chien-guide à l'assaut de la scène, étaient tous deux étudiants en musique à la William Paterson University et étaient devenus de bons amis, faisant partie d'un groupe, Alan Hicks à la batterie et Justin Kauflin au piano.
En anglais, un article paru dans Montreal Gazette, journal anglophone montréalais, parfait pour faire connaissance avec Justin Kauflin et ce documentaire.

Depuis les années 1960, Clark Terry passait beaucoup de temps à former de jeunes musiciens et venait régulièrement à l'université où étudiaient Justin Kauflin et Alan Hicks, ce dernier ayant eu l'occasion d'approcher Clark Terry.

Génèse du documentaire

Clark Terry souffrait de diabète depuis les années 1950 et, avant le début du tournage du film, commençait à perdre la vue à la suite d'une rétinopathie diabétique et avait des difficultés avec cela. Alan Hicks a alors demandé à Justin Kauflin d'aller rencontrer ce trompettiste de légende, en lui expliquant son histoire (né malvoyant, Justin Kauflin a totalement perdu la vue à l'âge de onze ans).
Petite parenthèse : le 22 octobre 2014, préalablement à un concert, Justin Kauflin, était invité par la Library of Congress à parler de son histoire, en particulier en lien avec l'apprentissage de la musique, du braille musical, et des belles rencontres illustrées dans le documentaire "Keep On Keepin'On". C'est en anglais, certes, mais c'est instructif, intéressant et détendu (pour ceux plus à l'aise avec l'anglais écrit, il y a aussi un lien pour avoir accès à la transcription, oui, l'accessibilité a du bon, et pour tous!) Conversation with Justin Kauflin.

Faire un portrait, garder un témoignage de l'engagement de Clark Terry auprès de ses élèves était au départ la volonté du documentaire qui s'est transformée, au fil du temps, par un portrait de l'amitié entre Clark Terry et Justin Kauflin, Alan Hicks ayant demandé à ce dernier s'il voulait bien qu'il le suive et le filme.

Justin Kauflin et Clark Terry, assis, riant

Le documentaire

Quatre vingt deux minutes de bonheur. C'est aussi simple que cela...
Pourtant, il y a des moments difficiles, des moments de doute, des échecs, mais ce que l'on retient, c'est l'affection, l'amour de la musique et du jazz en particulier, et les magnifiques personnes que sont Clark Terry, Justin Kauflin, sans oublier Gwen Terry, l'épouse de Clark Terry.
Tourné sur une période de cinq ans, sans expérience et sans argent, ce documentaire est réalisé avec le coeur. Et c'est un régal. Et il y a des clins d'oeil extraordinaires : le premier élève de Clark Terry a été Quincy Jones, le dernier sera Justin Kauflin, Clark Terry étant décédé en 2015.
C'est ainsi que Justin Kauflin rencontrera Quincy Jones chez Clark Terry.

Au fil de ces cinq années, on verra la santé de Clark Terry se dégrader, mais il sera toujours disponible pour ses élèves, toujours ravi de transmettre son savoir, passant des parties de nuit à écouter jouer, travailler Justin Kauflin, le soutenir pour sa participation à la Thelonious Monk Institute International Jazz Competition...

Justin Kauflin jouant du piano, Clark Terry assis un peu en retrait, battant la mesure

On suit aussi Justin Kauflin, venu s'installer à New York à la fin de ses études, bien décidé à devenir musicien de jazz professionnel. Mais cela n'est pas si simple, surtout quand on est aveugle et qu'on débarque dans une grande ville armé de sa seule canne blanche où l'idée même de traverser seul une rue ou d'utiliser les transports en commun devient à la fois vitale et terrifiante. C'est ainsi qu'il devient le maître de Candy, son chien-guide, qui lui permettra de prendre confiance en lui et de se déplacer seul et en sécurité, après avoir appris les réseaux de transport en commun new-yorkais au bout d'un an et demi.
Difficile aussi de trouver du travail en tant que musicien "accompagnant" lorsque l'on est aveugle. On ne vous laisse même pas la chance de montrer vos capacités, votre talent, on en déduit d'office que vous serez un frein, gênant les autres musiciens. A ce sujet, lire les trois billets écrits par Romain Villet sur Lennie Tristano, qui parlent notamment de cette difficulté lorsque le musicien aveugle n'est pas le leader et où, souvent, tout passe par le regard : Lennie Tristano une star peu voyante, Lennie Tristano : jazzman et aveugle, Intuition, digression....

Les fonds s'épuisant et les contrats n'arrivant pas, Justin Kauflin finira par quitter New York pour rejoindre sa famille en Virginie. Il continuera à rendre visite à Clark Terry, à suivre ses conseils et ses enseignements et c'est lors d'un de ces séjours qu'il croisera Quincy Jones venu rendre visite à son ancien mentor. Il aura ainsi l'occasion d'entendre Justin Kauflin jouer au piano, de discuter avec lui... et de devenir ensuite le producteur du documentaire et de l'album de Justin Kauflin, Dedication, après l'avoir emmené, avec d'autres jeunes musiciens de jazz, en tournée européenne.

Keep On Keepin'On...

lundi 28 décembre 2015

Canne blanche et chien guide à l'assaut de la scène

Il y a longtemps que j'ai envie d'écrire ce billet. En fait, depuis le colloque Blind Creations qui s'est tenu à Londres en juin 2015.
Puis je suis tombée sur une présentation faite par Ryan Knighton à la Cusp Conference de 2009 et qui pourrait s'intituler "Ode à la canne blanche". C'est drôle (mais c'est récurrent chez cet auteur canadien dont, malheureusement, les deux ouvrages "Cockeyed" et "C'mon Papa" ne sont pas traduits en français") et il explique, en tant qu ' auteur (et scénariste) aveugle cherchant toujours des idées, pourquoi il a choisi la canne blanche plutôt que le chien-guide ou l'écholocation.

Ryan Knighton brandissant sa canne blanche pliée en deux

La couverture de "Cockeyed" où il raconte le diagnostic de la rétinite pigmentaire annoncé le jours de ses dix - huit ans, sa vie d'étudiant et la rencontre avec celle qui deviendra son épouse, montre sa silhouette habillée de noir soulignée par une paire de lunettes noires et une canne blanche dépliée tendue en avant, glissée sous le bras droit.

Couverture du livre Cockeyed de Ryan Knighton

La canne blanche est un instrument utile, identifié, faisant référence à la cécité ou malvoyance. Lorsqu'on l'utilise au quotidien, qu'elle permet des déplacements autonomes et plus sûrs, pourquoi s'en séparer?
Quand on est artiste, comme Carmen Papalia, on peut décider de la "customiser" pour la rendre plus élégante et/ou pour effacer son caractère trop identifiant ou identifié, comme il l'explique en anglais dans l'émission BBCOuch en disant qu'il a enlevé la pellicule blanche et rouge pour laisser apparaître la couleur noir mat du graphite et qu'il a remplacé la poignée d'origine par une poignée en bois, ou la "magnifier" de son usage premier dans la vidéo réalisée pendant sa résidence de janvier à mars 2015 au Victoria and Albert Museum intitulée "Getting to the Front Lobby" : si la canne aide à se déplacer et à se frayer un chemin, elle produit aussi nombre de sonorités identifiables.

Se frayer un chemin à l'aide de la canne blanche, c'est effectivement ce que fait Casey Harris, claviériste du groupe new-yorkais X Ambassadors, quand il monte sur ou sort de scène, généralement accompagné par son frère, Sam, leader, qui se place derrière lui en lui tenant l'épaule comme l'illustre joliment la photo suivante :

Casey et Sam Harris descendant de scène - photo de Foster K. White
Photo de Foster K. White

Pendant le concert, la canne est sagement pliée et posée à proximité des claviers et des bouteilles d'eau, sur le devant de la scène, illustrée là aussi par une jolie photo montrant, par ailleurs, que Casey ne se ménage pas sur scène :

Casey Harris, sur scène, sautant, canne blanche pliée posée par terre, sur le devant de la scène
Photo de Derrick Spencer, publiée dans le Daily Toreador

Et souvent dépliée, installée le long du côté droit, parfois coincée sous le bras droit en entrevue...

Sam à droite et Casey à gauche, assis, avec la canne blanche dépliée posée verticalement sur le côté droit

Ryan Knighton a rappelé dans son exposé cité plus haut, que la personne aveugle avait, grosso modo, trois façons de se déplacer en autonomie. Outre la canne blanche et l'écholocation, il y a aussi le chien-guide.
C'est ce mode de déplacement qu'a choisi Justin Kauflin, pianiste de jazz, lorsqu'il s'est installé à New York. Dernier élève de Clark Terry, aujourd'hui protégé de Quincy Jones, Justin Kauflin est guidé par Candy lors de ses déplacements. Elle est aussi présente en studio d'enregistrement, sur scène et sur la pochette de l'album "Dedication" sorti en 2014.

couverture du CD Dedication de Justin Kauflin

Justin Kauflin était étudiant quand il a rencontré Clark Terry, légendaire trompettiste de jazz, qui, toute sa longue vie, a oeuvré pour transmettre son savoir. Ce dernier est devenu son mentor et c'est lors d'une visite chez Clark Terry que Justin Kauflin a rencontré Quincy Jones. Cette histoire, centrée sur Clark Terry et son dernier élève, a fait l'objet d'un très beau documentaire, Keep on Keepin'on réalisé par Alan Hicks, sélectionné à de nombreux festivals, où la transmission du savoir et de l'amour de la musique est au coeur de cette relation.

Comme Carmen Papalia indiquait dans son entrevue dans l'émission BBCOuch, la canne blanche est très, trop (?) identifiable et amène de l'aide pas toujours demandée et pas toujours appropriée. Lors de ses concerts, comme dans l'épisode 36 de l'émission de radio In Your Ear, il arrive à Justin Kauflin d'expliquer (autour de 09:25 min) que Candy, son chien-guide est là pour travailler, qu'elle sait ce qu'elle doit faire et, qu'à ce titre, elle ne doit pas être dérangée ou caressée.

Avez - vous noté que les personnes citées sont toutes nord américaines? Deux canadiens de la région de Vancouver, Ryan Knighton et Carmen Papalia, et deux américains de la côte est. Hasard ? Sensibilité personnelle ? Sur ce dernier point, j'avoue : mon histoire m'amène à beaucoup regarder ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique. Quant au hasard, j'en suis beaucoup moins sûre.
Ne nous faisons guère d'illusions. La canne blanche est effectivement un signe distinctif. Et alors?
Ryan Knighton raconte que deux mois après avoir appris qu'il avait une rétinite pigmentaire qui le rendrait assurément aveugle à échéance plus ou moins longue, il a entendu une entrevue d'un homme ayant la même pathologie et ayant perdu la vue expliquant qu'il passait ses journées à dormir et à écouter des matchs de hockey (rappel : Ryan Knighton est canadien). Ce qui lui a fait le plus peur, ce n'est pas la cécité mais l'idée de s'ennuyer et c'est ainsi qu'il a commencé à écrire.
Justin Kauflin a complètement perdu la vue à onze ans. Il avait déjà commencé à jouer de la musique, du violon en particulier, mais il aimait énormément le basket. Devenu aveugle, il a dû renoncer à jouer au basket, aux jeux vidéos. Et il a passé de plus en plus de temps au piano et cela est devenu une passion.
Quant à Casey Harris, très malvoyant (il est légalement aveugle) depuis sa naissance, il a grandi auprès d'une mère chanteuse et d'un père qui écoutait beaucoup de musique. Et pour les frères Harris, même s'ils n'avaient pas forcément envisagé de faire de la musique ensemble, devenir musiciens était une évidence, jouant dans des groupes depuis leur enfance. Casey a également une formation d'accordeur de piano, profession qu'il a exercée quelques années à New York avant de devenir musicien professionnel.
La cécité est donc une partie d'eux-mêmes, mais juste une partie. Chacun a son histoire, ses envies, ses intérêts et, des heures et des heures de travail, des années de pratique, et des rencontres qui leur ont permis de se distinguer.
Dans une des nombreuses entrevues que j'ai visionnées, Casey Harris explique que pour arriver là où le groupe X Ambassadors en est aujourd'hui, il a fallu des années de travail, de dur labeur et de galère, mais aussi de la chance.
Certes, le talent ne fait pas tout mais il est toutefois nécessaire.